Une nouvelle façon d'être ensemble
Un moment de réflexion sur le passé et l'avenir
Les villes au carrefour du temps
Projet culturel pour la célébration de l'an 2
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Toulouse - Région Midi-Pyrénées
Dans le cadre d'une célébration décentralisée, les villes de France seront en l'an 2000 les jalons des célébrations nationales.
En contrepoint du Forum de l'an 2000 intitulé « L'avenir est-il dans le ciel ? » organisé par la Ville de Toulouse en mai 1999 et destiné à 'imaginer demain', le présent projet a pour but de mettre l'accent sur le développement d'une forte identification culturelle symbolisée par 'La Toulousaine', la chanson de Lucien Mengaud mise en musique en 1845 par Louis Deffès, qui, au même titre que La Pimpolaise ou Le P'tit Quinquin dans l'Ouest ou le Nord de la France, fut l'hymne de ralliement et la fierté de toute une région jusqu'aux années 40 de notre siècle.
Dans cet esprit, 'La Toulousaine', porte étendard d'une vaste communauté humaine tournée vers l'avenir et fière de sa culture, pourrait devenir la 'signature musicale' du Toulouse de l'an 2000.
En invitant la population à redécouvrir le répertoire de Louis Deffès (1819-1900), le projet se propose d'illustrer sa contribution au patrimoine musical français du XIXè siècle en recréant ses oeuvres principales.
Ainsi l'an 2000, qui correspond au 100è anniversaire de la mort de ce Toulousain et au 150è anniversaire de la première audition de sa Messe solennelle, sera-t-il l'occasion de marquer la mémoire du passé par la redécouverte de ces oeuvres et d'en laisser un témoignage pour l'avenir en procédant à leur enregistrement.
Toulouse a produit une telle quantités d'artistes éminents (outre 3 seconds grand-prix ou mention honorable: Pierre Faubert en 1857, Jules Bouval en 1893 et André Gailhard en 1908, 8 Toulousains ont, après L. Deffès, inscrit leur nom au palmarès des premiers grand-prix de Rome de 1847 à 1920 - Jean Conte en 1855, Bernard Salvayre en 1872, Paul Vidal en 1883, Xavier Leroux en 1885, Henri Busser en 1893, Aymé Kunk en 1902, André Gaillard en 1908 et Jules Mazellier en 1909 - et 225 élèves du Conservatoire de Toulouse ont été lauréats du Conservatoire de Paris) qu'elle s'est acquise la réputation en France et à l'étranger de maintenir fièrement ses traditions artistiques et d'être, par excellence, la ville du bel canto.
Si, selon Paul Feuga - l'ancien maire de Toulouse qui fut son biographe - l'élégance et l'ampleur sont les signes les plus caractéristiques du talent de Louis Deffès, et si la simplicité, l'originalité mélodique, la richesse d'harmonie et la puissance d'instrumentation sont les marques de son oeuvre, on doit en tout premier lieu à la mémoire du compositeur de redonner vie à la chanson qui le fit connaître de ses concitoyens.
En s'appuyant comme premier mode de renaissance de 'La Toulousaine' sur son enseignement par les professeurs d'éducation musicale des écoles et collèges du département et, dès qu'un enregistrement sera disponible, sur sa diffusion comme musique d'attente téléphonique dans tous les services municipaux et départementaux, le projet pourrait prendre des formes variées et s'articuler autour des idées suivantes:
- Confier à la Médiathèque du Conservatoire National de Région la mission de rechercher et réunir toutes les compositions musicales de Louis Deffès;
- Confier au Département de musicologie de l'Université Toulouse-Le Mirail la mission d'éditer en association avec le Conservatoire National de Région les compositions de L. Deffès et tout le matériel musical s'y rapportant;
- Confier à l'Orchestre National du Capitole de Toulouse la mission d'enregistrer 'La Toulousaine';
- Associer les chorales de Toulouse et de la Haute-Garonne à la recréation du répertoire des choeurs orphéoniques, qui eurent tant de vogue au cours de la seconde moitié du XIXè siècle, en les invitant à remmettre tout spécialement à l'honneur les chants et choeurs crées par L. Deffès ('La Lengo Moundino', 'Lilas en fleurs', 'Les corsaires de l'Adriatique', 'Le Retour du drapeau', 'Le Réveil des chasseurs', 'Les Vignerons', 'Pâquerette', 'La Chanson des pirates', 'Cantate en l'honneur de Cémance Isaure', 'A Goudouli', etc.).
- Confier aux fanfares militaires du département la mission de recréer les marches miltaires de L. Deffès, notamment 'La Toulousaine marche militaire', 'La Phrygienne', 'Les Chasseurs alpins' 'L'Occidentale', un chant de guerre composé sur des paroles de Placide Couly et une marche militaire mise en musique pour piano et dédiés aux Armées Alliées en 1854 . L'Occidentale fut chanté au Cirque Impérial à Paris, par un choeur à quatre voix d'hommes, deux ténors et deux basses, dans la pièce 'Constantinople'.
- Confier à un orchestre et à des choeurs régionaux, en association avec le Maître de Chapelle et organiste de N-D de Paris et le Festival d'art sacré de Paris, la mission de recréer la Messe solennelle à 4 voix et orchestre de L. Deffès, donnée en l'Eglise St-Louis-des-Français à Rome et en l'Eglise de la Daurade à Toulouse en 1850, ainsi qu'en la Cathédrale N-D de Paris en 1857, et les autres oeuvres de musique sacré de ce compositeur (Ave Maria, Méditation, Cantique à Ste-Germaine, Noël, Ave Verum, O Salutaris, Marche funèbre, etc.);
- Confier à l'Orchestre National du Capitole de Toulouse la mission de monter la production de l'opéra en 4 actes 'Jessica' de L. Deffès (tiré du Marchand de Venise de Shakespeare et représenté au Théâtre du Capitole le 24 mars 1898, cet opéra incorpore une Saltarelle et la Tarentelle composées par Deffès sous l'influence de son voyage à Naples), de coproduire avec la Ville d'Ems (RFA) et la 'Kursaal' les 5 opérettes en un acte qui furent données en 1ère audition dans cette salle avant d'être jouées aux Bouffes Parisiens, à l'Athénée ou à l'Opéra Comique de Paris ('Le Café du roi' en 1861,'Les Bourguinonnes' en 1862, 'La Boîte à surprises' en 1864, 'Valse et Menuet' en 1865 et 'La Comédie en voyage' en 1867) et de coproduire avec la ville de Dieppe l'opérette 'Le Trompette de Chamboran' qui fut crée en cette ville en 1877;
- Confier à l'Orchestre et au Choeur du Conservatoire National de Région la mission de recréer l'ouverture à grand orchestre 'Un Triomphe à Rome', qui est un poème symphonique en 4 parties qui fut exécuté à Paris lors de l'Exposition de 1878. « Le 1er allegro, bien travaillé, est écrit dans de bonnes conditions symphoniques. L'andante, dont le début rappelle un peu le style de Haydn, offre d'excellentes parties. Le scherzo est d'un rythme neuf et chaleureux, un petit andante le coupe heureusement et fait bien ressortir le retour du motif. Le final, assez bien traité, ne semble pas être aussi bien approprié au genre de la symphonie et est, à tous égards, inférieur aux 3 morceaux précédents; le mérite de ces 3 premières parties est néanmoins suffisant pour justifier les éloges que nous nous plaisons à donner à l'ensemble du travail. » Tel fut l'avis rendu sur cette composition par la Section de Musique de l'Académie des beaux-arts.
- Confier à un orchestre et à des choeurs régionaux la mission de recréer la cantate 'L'Ange et Tobie' de L. Deffès, qui valut à son compositeur d'être le premier Toulousain lauréat du Prix de Rome de composition musicale, en 1847. Le jury fut unanime à apprécier dans cette oeuvre 'une belle couleur, des motifs heureux, un sentiment dramatique, des paroles bien rendues, une bonne instrumentation, et généralement une scène très satisfaisante'.
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