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 Messe solennelle à 4 voix et orchestre
de Louis Deffès (1819-1900)

Composée à la Villa Médicis en 1848, alors que Louis Deffès était pensionnaire de l’Académie de France à Rome, cette Messe inédite, dont le manuscrit autographe vient d’être retrouvé, fut donnée en première audition en l’église Saint-Louis-des-Français le samedi 12 janvier 1850, puis reprise cette même année, le 28 novembre, en l’église Notre-Dame de la Daurade à Toulouse, où elle sera de nouveau exécutée le 11 juin 1863 et les 26 janvier et 9 février 1882.

Hormis les Romains et les Toulousains, les Parisiens eurent également la possibilité de découvrir cette Messe solennelle en deux occasions; la première lorsqu’elle fut chantée en la Cathédrale Notre-Dame de Paris le 25 mars 1857, avec la participation de M. Faure soliste de l’Opéra de Paris, et la seconde lorsqu’elle fut reprise en L’église de la Trinité à l’occasion de l’ouverture du collège Chaptal, le 17 décembre 1857.

En chacune de ces occasions, le jeune compositeur, que ‘La Toulousaine’ avait déjà consacré dans l’admiration et l’estime de ses compatriotes, reçut les félicitations unanimes de l’assistance et celles des cinq cents artistes musiciens - Auber en tête, Halévy ou Adam - qui se pressèrent à N-D de Paris ne furent pas les moins chaleureuses. Slatkine juge que "la messe solennelle prouve ce qu'on doit attendre de L. Deffès; (...) il est l’un des plus sérieux espoirs de notre avenir musical". Mais s’il est un trait caractéristique de la personnalité de ce compositeur qui mieux que tout peut le résumer, c’est la générosité par laquelle il se distingua en désirant que chacune des auditions de sa messe fut organisée au bénéfice d’une société charitable ou oeuvre de secours.

Depuis plus d’un siècle nulle voûte d’église, auditorium ou salle de concert ne vibra aux accents des harmonies délicates de cette Messe et nul fidèle ou public n’eut depuis 1882 jusqu’à ce jour le bonheur de ressentir la belle émotion qu’éprouvèrent ses premiers auditeurs.

Le temps a fait son oeuvre et s’il n’est pas surprenant qu’une plus juste appréciation du XIXè s. permette aujourd’hui de rendre justice à cette époque, il reste encore beaucoup à faire dans le domaine musical pour redécouvrir le répertoire des musiciens français. La recréation de cette Messe solennelle n’est qu’un jalon sur cette voie et les musicologues ne seront pas seuls à s’en réjouir. Gageons que les mélomanes s’en féliciteront avec eux et qu’un public nombreux aura encore plaisir à découvrir les musiques de Louis Deffès au XXIè s.

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Synthèse sur cette Messe

La messe solennelle est empreinte d’une couleur religieuse bien sentie.

Le Kyrie , d’un caractère simple et religieux, est un morceau d’un bon effet où une manière noble et large se fait heureusement sentir.

Le Gloria est plein de majesté. Sur les paroles Gratias agimus, l’auteur a composé un trio de soprano, ténor et basse, accompagné par les violoncelles; le choeur reprend sur le Qui tollis; l’effet est admirable et s’harmonise avec tout l’art possible au Cum sancto spiritu final, terminé par une fugue des plus heureuses.

Le Credo est généralement bien conçu. Le récit de basse qui alterne avec le choeur et d’un bon effet. L’incarnatum est est dans un bon sentiment d’expression. Le Passus et le Resurexit du Credo sont un vrai chef-d’oeuvre; récité par les basses, le Crucifixus, sur une combinaison d’orchestre, produit un effet imitatif qui saisit l’auditeur et un crescendo habilement ménagé amène un magnifique chant de gloire sur les triomphales paroles du Resurexit. Le Benedictus est chanté par une voix de ténor, avec accompagnement de cor anglais et de harpes; il est répété ensuite par toutes les voix de ténor à l’unisson, sur lequel on entend les acclamations de l’Hosanna proférées par les soprani et le Sanctus par les basses. Les tenues de violon dans l’orgue et les arpèges des harpes produisent un effet au-dessus de toute expression.

Le Sanctus., qui rend la vision du prophète Ezéchiel dans toute sa sublimité, est également un vrai chef d’oeuvre et la voix sacrée des anges répétant l’auguste trisagion, le bruit confus du tonnerre, y est rendue de la manière la plus large et la plus heureuse.

L’Agnus Dei, dont le bon style mérite d’être loué sans restriction, est une prière où toutes les voix tour à tour et ensemble adressent au ciel la plus douce et la plus mélodieuse des supplications. ª

 

Indications sommaires pour monter la Messe solennelle

L’orchestre pour la messe nécessite de l’ordre de 53 musiciens; 34 pour le quatuor à cordes, dont 10ers violons, 8, 6, 6, et 4 et un nombre incompressible de 19 autres musiciens à vent, harpes et timballiers.

Un orchestre professionnel aurait besoin de 5 répétitions (1 pour les Cordes; 1 Tutti (orchestre); 1 orchestre+choeur; 1 orchestre+choeur+solistes; 1 générale).

Le choeur est un choeur à 4 voix mixte, dont le pupitre est divisé dans le Kyrie; 4 solistes sont requis: 2 sopranos, sachant que la 2ème n’intervient que dans le Credo, un ténor et un basse. L’effectif du choeur, hors solistes, doit être compris entre 80 et 100 choristes.

La durée totale d’exécution est de l’ordre de 45 à 50 minutes.

Il faut prévoir de réaliser une transposition à la fois pour les choeurs et les solistes, donc pour tout ce qui est vocal, et éditer tout le matériel musical de l’orchestre.

 

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